CV de développeur front-end : le guide et un exemple analysé
Un recruteur technique lit un CV de développeur front-end en cherchant trois preuves : tu maîtrises la stack de l’offre (React, TypeScript, Next.js), tu livres des interfaces mesurables en performance et en accessibilité, et tu sais travailler avec des designers et des développeurs back-end. Une liste de frameworks ne prouve rien ; un LCP ramené de 3,4 s à 1,9 s, si.
Cette page détaille ce que regardent les équipes produit, la structure de CV qui fonctionne pour un profil de 3 à 5 ans d’expérience, puis analyse section par section le modèle présenté ci-dessus, que tu peux reprendre et personnaliser dans le générateur.

Ce CV est modifiable. Ouvre-le dans l’éditeur, remplace chaque ligne par ton parcours et exporte-le en PDF.
Ouvrir ce CV dans l’éditeurCe que les recruteurs attendent d’un CV développeur front-end
- Une stack lisible et cohérente avec l’offre : framework, langage typé, outils de test et de build, sans empiler vingt technologies que tu ne pourrais pas défendre en entretien.
- Des résultats chiffrés côté utilisateur : Core Web Vitals (LCP, INP, CLS), score Lighthouse, taux de conversion ou temps de chargement avant et après ton intervention.
- Une sensibilité à l’accessibilité (RGAA, WCAG) et à la qualité : tests automatisés, couverture, revue de code, intégration continue.
- Un rôle clair dans l’équipe : ce que tu as construit seul, ce que tu as fait en binôme avec un designer ou un back-end, et ce que tu as transmis à d’autres développeurs.
Le CV décortiqué, section par section
Chaque capture ci-dessous est extraite du CV développeur front-end présenté plus haut. Sous chacune : ce qui la rend efficace pour ce métier, et ce que tu dois y mettre de toi.
1. En-tête et accroche
Stack, ancienneté et deux points forts en une phrase

L’accroche répond à ce que se demande un recruteur technique avant d’aller plus loin : quelle stack, depuis combien de temps, et ce que le candidat apporte de précis. Elle tient en une phrase et s’appuie sur des mots qu’on retrouve tels quels dans les offres.
Ce qui fonctionne
- « 4 ans d’expérience » fixe immédiatement le niveau, entre le junior et le senior, ce qui oriente la lecture et la fourchette de poste.
- « React et TypeScript » nomme la stack principale sans l’enrober, ce qui permet de passer le premier filtre par mots-clés.
- « LCP sous 2 s sur les parcours clés » donne un indicateur chiffré dès la deuxième ligne, que les expériences viennent ensuite démontrer.
À adapter à ton parcours : Reprends ta stack réelle, tes années d’expérience et un ou deux résultats mesurables, et aligne les mots de l’accroche sur ceux de l’offre visée.
2. Formation
Un Master en génie logiciel, réduit à l’essentiel

Après quatre ans d’expérience, la formation sert surtout à confirmer la cohérence du parcours. Deux lignes suffisent, avec un détail qui rattache le diplôme au métier de front-end.
Ce qui fonctionne
- « Master Informatique, parcours Génie logiciel » situe une base solide en architecture et en tests, utile pour un poste qui dépasse l’intégration de maquettes.
- « projet de fin d’études sur l’accessibilité d’un portail de services en ligne » annonce un intérêt de long terme pour l’accessibilité, que les expériences prolongent.
- « projet tuteuré en JavaScript » montre une pratique du langage dès la Licence, sans gonfler la section avec une liste de cours.
À adapter à ton parcours : Ne garde que le diplôme et un détail utile au poste visé, par exemple un projet web ou une spécialité, et supprime la liste des matières.
3. Expériences
Trois postes, des résultats mesurables à chaque étape

Chaque expérience est introduite par la taille de l’entreprise, celle de l’équipe et la stack, puis détaillée en puces qui associent un livrable et un chiffre. C’est cette lecture que fait un lead technique pour estimer le niveau d’autonomie.
Ce qui fonctionne
- « LCP ramené de 3,4 s à 1,9 s » indique la métrique, la valeur avant et après, ce qui rend le résultat vérifiable et discutable en entretien technique.
- « 48 composants documentés », adoptés par « 3 squads », prouve que le design system a été utilisé au-delà de l’équipe qui l’a construit.
- « couverture de 38 % à 72 % » associée aux « 25 parcours Playwright » montre une démarche de qualité menée de bout en bout, tests unitaires et tests de parcours.
À adapter à ton parcours : Pour chaque poste, précise la taille de l’équipe et ta stack, puis écris des puces avec un livrable et un chiffre que tu sais expliquer.
4. Compétences et centres d’intérêt
Compétences, outils et open source qui servent le poste

Le bloc final sépare ce que le candidat sait faire de ce avec quoi il travaille, puis ajoute une contribution open source qui prolonge son profil. Les mots-clés d’une offre de développeur front-end s’y retrouvent sans effort.
Ce qui fonctionne
- La ligne « accessibilité RGAA / WCAG 2.2 » reprend le vocabulaire exact des offres actuelles, au même niveau que les frameworks.
- « Storybook, Playwright, Vitest, Jest » regroupe les outils de documentation et de test cités dans les expériences, ce qui rend le CV cohérent de haut en bas.
- « 8 correctifs d’accessibilité clavier et lecteur d’écran acceptés » transforme l’open source en preuve vérifiable plutôt qu’en simple ligne de décor.
À adapter à ton parcours : Liste uniquement les outils que tu ouvres chaque semaine, rattache l’anglais à un usage réel, et ne garde en open source que ce dont tu peux montrer le lien.
La structure en résumé
- En-tête : Nom, coordonnées, lien GitHub ou portfolio et LinkedIn, puis une accroche de deux lignes : intitulé de poste, années d’expérience, stack principale et un ou deux points forts mesurables.
- Formation : Diplôme et école ou université en une ligne chacun, avec un seul détail utile (projet de fin d’études, spécialité). Après quelques années d’expérience, la formation passe après les expériences ou se réduit à deux lignes.
- Expériences : Par poste : type et taille de l’entreprise, taille de l’équipe et stack en contexte, puis trois ou quatre puces avec un verbe d’action, un livrable et un chiffre (performance, couverture de tests, composants, utilisateurs).
- Compétences : Sépare les compétences techniques (React, TypeScript, accessibilité, performance, tests) des outils (Storybook, Playwright, Figma, GitHub Actions), et indique un niveau réel pour l’anglais.
- Autres expériences : Open source, meetups, articles techniques ou projets personnels : une ligne chacun, uniquement s’ils prouvent une compétence que le poste demande, avec un résultat vérifiable.
Compétences et mots-clés ATS
- React, TypeScript et Next.js : composants, gestion d’état, rendu côté serveur et optimisation du bundle
- Accessibilité numérique : RGAA, WCAG 2.2, navigation au clavier, rôles ARIA, tests avec lecteur d’écran
- Performance web : Core Web Vitals, Lighthouse, découpage du code, optimisation des images et des polices
- Design system : bibliothèque de composants documentée sous Storybook, tokens de design, collaboration avec les designers
- Tests et qualité : Playwright, Vitest ou Jest, React Testing Library, intégration continue
Les logiciels de tri (ATS) recherchent les termes exacts de l’offre. Pour un poste en développeur front-end, intègre naturellement :
Les erreurs à éviter
- Lister des technologies sans contexte (« React, Vue, Angular, Svelte ») : un recruteur préfère une stack principale prouvée par des réalisations à un inventaire sans profondeur.
- Décrire des tâches au lieu de résultats : « développement de composants » ne dit rien, alors que « 48 composants documentés adoptés par 3 squads » montre l’impact.
- Oublier l’accessibilité et les tests, alors que ce sont aujourd’hui des critères de tri dans la plupart des offres, surtout dans les produits B2B et les services publics.
- Annoncer des chiffres impossibles à défendre : tout chiffre de ton CV sera creusé en entretien technique, garde uniquement ceux dont tu connais la méthode de mesure.
Le conseil TechCV : Pour chaque expérience, mets une puce qui relie ton travail à un indicateur que l’entreprise suit : performance, conversion, conformité ou qualité. Un lien GitHub ou un portfolio ne remplace pas ces puces, mais il rassure : vérifie qu’il pointe vers du code propre, lisible et récent, car certains recruteurs l’ouvrent avant ton CV.
Questions fréquentes
Faut-il mettre un lien GitHub ou un portfolio sur un CV de développeur front-end ?
Oui, dans l’en-tête, à condition qu’il valorise ton travail. Un portfolio avec deux ou trois projets bien décrits (stack, problème, résultat) vaut mieux qu’un GitHub rempli de dépôts vides. Si tu n’as pas de projet public, un lien vers des contributions open source suffit.
Comment présenter des résultats de performance sans exagérer ?
Cite la métrique, la valeur avant et après, et la page ou le parcours concerné : « LCP de 3,4 s à 1,9 s sur le tableau de bord ». Précise l’outil de mesure en entretien (Lighthouse, mesures terrain), car c’est la première question d’un recruteur technique.
L’accessibilité a-t-elle sa place dans un CV de développeur front-end ?
Oui, et de plus en plus. Les obligations liées au RGAA concernent de nombreux services et les équipes cherchent des profils capables de les appliquer. Mentionne un audit, un taux de conformité ou des correctifs réels plutôt que le seul mot « accessibilité ».
Combien de technologies faut-il afficher dans les compétences ?
Une dizaine au plus, celles que tu utilises vraiment et que tu peux défendre en entretien technique. Place en premier celles de l’offre visée et regroupe les outils à part, pour que le recruteur retrouve ses mots-clés en un coup d’œil.
Pour aller plus loin
- React et TypeScript sur un CV front-end, sans tomber dans la liste
- Mettre son GitHub sur son CV : ce que le recruteur ouvre vraiment
- Projets personnels sur un CV de développeur : lesquels garder
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