Carrière dans la tech8 min23 octobre 2026

Travailler dans la cybersécurité : SOC, pentest ou gouvernance

Détection et réponse, offensif, gouvernance : trois familles de métiers aux quotidiens très différents. Les portes d’entrée pour un junior et les employeurs qui recrutent.

Par Équipe TechCV

« Travailler dans la cybersécurité » ne désigne pas un métier, mais un ensemble de métiers aux quotidiens très différents. Entre un analyste qui surveille des alertes la nuit dans un centre opérationnel, un pentesteur qui cherche les failles d’une application pour le compte d’un client et un responsable de la sécurité qui négocie un budget avec la direction, il y a peu de points communs, sinon l’objectif de protéger les systèmes d’information. Avant de construire un CV ou de choisir une formation, il faut donc savoir quelle famille de métiers vous attire. Cet article décrit les trois grandes familles, leurs portes d’entrée pour un junior, les employeurs qui recrutent et ce que le CV doit montrer pour chacune.

Les trois familles de métiers

L’ANSSI 🔗, l’agence nationale chargée de la sécurité des systèmes d’information, a publié un panorama des métiers du domaine. On peut les regrouper en trois familles.

  1. La détection et la réponse aux incidents : surveiller les systèmes, repérer les attaques, les contenir et rétablir le service. C’est le domaine des SOC (centres opérationnels de sécurité) et des CERT ou CSIRT (équipes de réponse aux incidents).
  2. L’offensif : attaquer les systèmes, avec autorisation, pour en révéler les failles avant les attaquants. C’est le domaine du pentest et des équipes rouges.
  3. La gouvernance, les risques et la conformité : organiser la sécurité, analyser les risques, définir les règles, vérifier leur application et répondre aux exigences réglementaires. C’est le domaine des RSSI, des consultants GRC et des auditeurs.

À côté de ces trois familles existent des métiers d’ingénierie : architectes sécurité, ingénieurs sécurité réseau, spécialistes de la sécurité applicative ou du cloud, qui conçoivent et déploient les protections. Beaucoup de développeurs et d’administrateurs y arrivent naturellement.

Détection et réponse : SOC et CERT

Le quotidien

L’analyste SOC, présenté par l’Onisep dans sa fiche métier 🔗, passe ses journées dans les outils de détection : un SIEM qui centralise les journaux, un EDR qui surveille les postes et les serveurs, parfois des sondes réseau. Il trie les alertes, élimine les faux positifs, enquête sur les signaux suspects et transmet les incidents confirmés.

Les SOC fonctionnent souvent par niveaux. Le niveau 1 qualifie les alertes, le niveau 2 enquête en profondeur, le niveau 3 traite les incidents complexes, chasse les menaces et améliore les règles de détection. Beaucoup de SOC assurent une surveillance continue, avec des horaires décalés ou des astreintes.

Les équipes de réponse aux incidents interviennent quand une attaque est avérée : analyse des machines compromises, contention, éradication, retour à la normale, retour d’expérience. Au niveau national, le CERT-FR 🔗 joue ce rôle pour l’administration et publie des alertes et des avis de sécurité que les professionnels suivent de près.

Pour qui

Ce métier convient aux profils curieux, méthodiques et à l’aise avec le travail sous pression. Il demande de bonnes bases en systèmes (Windows, Linux), en réseau et en analyse de journaux.

L’offensif : pentest et red team

Le quotidien

Le pentesteur réalise des tests d’intrusion pour le compte de clients : une application web, une application mobile, un réseau interne, un environnement cloud. Une mission dure de quelques jours à quelques semaines. Elle commence par un cadrage précis du périmètre et des règles, se poursuit par les tests eux-mêmes et se termine par un rapport, qui décrit chaque vulnérabilité, son niveau de risque et la façon de la corriger.

La rédaction occupe une part importante du métier. Un pentesteur excellent techniquement mais incapable d’expliquer ses découvertes à une équipe de développement ou à une direction n’apporte qu’une partie de la valeur attendue.

Les équipes rouges vont plus loin : elles simulent une attaque réaliste et prolongée, avec des objectifs (accéder à une donnée, prendre le contrôle d’un domaine) et en cherchant à échapper à la détection. Elles testent autant les défenses techniques que la capacité de l’équipe de détection à réagir.

Pour qui

Ce métier convient aux profils passionnés de technique, qui aiment comprendre comment les choses fonctionnent pour les détourner, et qui pratiquent régulièrement : plateformes d’entraînement, compétitions de type CTF, veille sur les vulnérabilités. Les certifications pratiques y jouent un rôle important, comme le détaille notre article sur les certifications en cybersécurité selon le poste.

Gouvernance, risques et conformité

Le quotidien

Le responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) définit la politique de sécurité d’une organisation, pilote l’analyse des risques, arbitre les priorités et rend compte à la direction. Autour de lui travaillent des chargés de conformité, des gestionnaires de risques et des consultants qui accompagnent les organisations dans leurs démarches : mise en place d’un système de management de la sécurité selon la norme ISO 27001, préparation d’un audit, sensibilisation des équipes.

La réglementation pèse de plus en plus. La directive européenne NIS 2 élargit les obligations de sécurité à un grand nombre d’entités, et l’ANSSI a ouvert un espace dédié 🔗 pour les accompagner. Les métiers de la conformité croisent aussi ceux de la protection des données personnelles : le délégué à la protection des données, dont la CNIL précise le rôle 🔗, travaille souvent avec le RSSI. Côté juridique, le CV d’un juriste RGPD ou DPO 🔗 montre comment ce profil voisin présente ses dossiers de conformité.

Pour qui

Ces métiers conviennent aux profils qui aiment organiser, convaincre et faire le lien entre la technique et la direction. Ils sont rarement des premiers emplois : on y arrive souvent après quelques années en technique, en audit ou en conseil.

Les portes d’entrée pour un junior

Chaque famille a ses portes d’entrée.

  • Détection : le poste d’analyste SOC de niveau 1 est l’entrée la plus fréquente, accessible après une formation en informatique ou en cybersécurité, parfois après une reconversion depuis l’administration système ou le support.
  • Offensif : les postes de pentesteur junior existent, surtout chez les prestataires spécialisés, mais demandent une pratique déjà solide. Beaucoup y arrivent après un stage dans un cabinet d’audit de sécurité ou après une première expérience en SOC ou en développement.
  • Gouvernance : les postes de consultant junior en GRC, dans des cabinets de conseil ou des ESN, accueillent des diplômés en cybersécurité, en management des systèmes d’information ou en audit.
  • Ingénierie : un développeur ou un administrateur système peut évoluer vers la sécurité applicative, la sécurité du cloud ou l’ingénierie sécurité au sein de son équipe.

Les principaux employeurs sont les prestataires spécialisés en cybersécurité, les grandes ESN qui ont des branches dédiées, les cabinets de conseil, les grandes entreprises qui ont leur propre SOC ou leur propre équipe sécurité, les éditeurs de solutions de sécurité et les administrations. La plateforme publique Cybermalveillance.gouv.fr 🔗 donne aussi un aperçu des menaces qui touchent les particuliers et les petites organisations, utile pour comprendre le terrain.

Pour la stratégie de recherche elle-même, notre article sur le premier poste dans la tech propose une méthode qui s’applique aussi à la cybersécurité : cibler les employeurs qui forment, multiplier les points de contact, préparer des preuves.

Ce que le CV doit montrer

Le CV doit d’abord dire clairement quelle famille de métiers vous visez. Un CV qui hésite entre SOC, pentest et gouvernance se lit comme celui d’un candidat qui n’a pas encore choisi.

Selon la famille :

  • Détection : vos bases en systèmes et réseau, les outils de détection que vous connaissez, un laboratoire personnel (collecte de journaux, règles de détection), une certification d’entrée.
  • Offensif : vos résultats sur des plateformes d’entraînement ou en CTF, des rédactions publiées, des certifications pratiques, éventuellement des vulnérabilités signalées de façon responsable.
  • Gouvernance : votre connaissance des référentiels (ISO 27001, méthodes d’analyse de risques), des réglementations, des missions d’audit ou de conformité, votre capacité à rédiger et à présenter.
  • Ingénierie : vos réalisations techniques où la sécurité était un enjeu (gestion des accès, durcissement, segmentation, secrets, sécurité des pipelines).

Le modèle de CV d’ingénieur DevOps ou SRE montre un profil d’exploitation dont l’expérience (clusters, accès, supervision) constitue une bonne base pour une évolution vers l’ingénierie sécurité.

Dans un secteur où les sigles et les certifications servent de filtre, la lisibilité du document compte. L’éditeur de TechCV présente vos compétences et vos certifications en texte clair, dans des rubriques standards, que les logiciels de recrutement savent extraire. Vous pouvez construire votre CV autour de la famille de métiers que vous visez.

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme spécialisé en cybersécurité ?

Ce n’est pas toujours obligatoire, mais c’est un atout, surtout pour un premier poste. L’ANSSI labellise des formations sous le nom SecNumedu, un repère utile. Des profils issus de l’informatique généraliste, du réseau ou du développement entrent aussi dans le métier, souvent avec une certification et une pratique personnelle.

Le travail de nuit est-il inévitable en SOC ?

Non, mais il est fréquent dans les SOC qui assurent une surveillance continue. Certains fonctionnent en horaires de bureau avec des astreintes, d’autres en équipes tournantes. Posez la question dès le premier entretien.

Peut-on passer du SOC au pentest ?

Oui, c’est une évolution courante. L’expérience de la détection est même un atout pour un pentesteur, qui comprend mieux ce que voient les défenseurs. Elle demande une pratique offensive régulière en parallèle, et souvent une certification pratique.

La cybersécurité recrute-t-elle des profils non techniques ?

Oui, surtout dans la gouvernance, la conformité, la sensibilisation et la gestion de projet. Une culture technique reste indispensable pour dialoguer avec les équipes et comprendre les risques, mais tous les postes ne demandent pas de savoir mener une attaque ou analyser un journal système.

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