Rédiger son CV tech8 min23 octobre 2026

Après un bootcamp, un CV qui ne ressemble pas à celui de la promo

Toute la promotion sort avec la même stack et le même projet final. Comment se démarquer par ce que vous avez construit, ce que vous avez fait depuis et votre ancien métier.

Par Équipe TechCV

À la sortie d’un bootcamp de développement, une promotion entière arrive sur le marché la même semaine, avec la même stack, le même type de projet final et souvent le même modèle de CV, recommandé par l’équipe pédagogique. Pour un recruteur qui reçoit plusieurs de ces candidatures, la difficulté n’est pas de juger la formation : il la connaît déjà. C’est de savoir ce qui distingue un candidat de son voisin de promotion. Cet article montre comment construire un CV qui répond à cette question, en s’appuyant sur ce que vous avez fait avant, pendant et surtout après la formation.

Le problème des CV de promotion identiques

Prenez trois CV de diplômés d’une même session. Ils ont souvent le même titre (« Développeur web full-stack junior »), la même rubrique compétences (JavaScript, React, Node.js, SQL, Git), le même projet final décrit dans les mêmes termes, et une ancienne carrière résumée en une ligne en bas de page. Le recruteur ne peut pas les départager sur le papier ; il les classe alors sur des critères extérieurs au CV, comme la date de réception ou la présence d’une recommandation.

Trois éléments, en revanche, ne sont jamais identiques d’un candidat à l’autre :

  • ce que vous avez construit vous-même, dans le projet final et en dehors ;
  • ce que vous avez fait depuis la fin de la formation ;
  • votre ancien métier, avec la connaissance d’un secteur et les compétences qu’il vous a laissées.

Votre CV doit mettre ces trois éléments au premier plan, et reléguer la formation au rang de contexte. C’est l’inverse de ce que font la plupart des CV de sortie de bootcamp, où la formation occupe la moitié de la page.

Présenter la formation sans la survendre

Le bootcamp est une formation, pas une expérience professionnelle. Le présenter dans la rubrique expériences, avec un intitulé comme « Développeur web chez [nom du bootcamp] », irrite les recruteurs, qui le repèrent immédiatement. Placez-le dans la rubrique formation, avec les informations qui comptent :

  • le nom de l’organisme et l’intitulé exact du programme ;
  • les dates réelles et le format (temps plein ou temps partiel), sans arrondir une formation de quelques mois à « un an » ;
  • le titre préparé, s’il s’agit d’un titre inscrit au répertoire national des certifications professionnelles, avec son niveau ;
  • deux ou trois lignes sur le contenu réellement pratiqué : la stack, les méthodes (travail en binôme, revues de code, sprints), le projet final.

Voici une entrée de formation avant et après.

Avant : « Bootcamp développement web — Formation intensive full-stack. JavaScript, React, Node.js, SQL, Git, Agile, Scrum, HTML, CSS, Bootstrap, Figma, API REST, MongoDB, Heroku. »

Après : « Bootcamp de développement web, formation intensive à temps plein (9 semaines), puis titre professionnel Développeur web et web mobile. JavaScript, React, Node.js et PostgreSQL ; travail en binôme quotidien ; projet final en équipe de quatre, présenté devant un jury de professionnels. »

La seconde version est plus courte en technologies, mais elle donne la durée exacte, le titre obtenu et la façon dont la formation s’est déroulée. Elle inspire confiance parce qu’elle ne cherche pas à paraître plus qu’elle n’est.

Si votre formation était à temps partiel, ou si vous l’avez suivie en ligne en parallèle d’un emploi, dites-le : c’est souvent perçu comme un signe de persévérance.

Le projet final et le projet d’après

Décrire sa part du projet final

Le projet final est le seul élément du bootcamp qui diffère d’un candidat à l’autre, à condition de dire précisément ce que vous y avez fait. Une équipe de quatre personnes a produit une application ; le recruteur veut savoir quelle partie est la vôtre.

Avant : « Projet final : application de covoiturage réalisée en équipe (React, Node.js, PostgreSQL). »

Après : « Projet final en équipe de quatre : application de covoiturage entre salariés d’un même site. J’ai conçu le schéma de la base PostgreSQL et l’API de réservation (Node.js, Express), avec les tests d’intégration ; démonstration en ligne et code public. »

La seconde version nomme un produit, une responsabilité et des tests. Elle donne au recruteur une question précise à poser en entretien, ce qui est exactement ce que vous voulez.

Montrer le projet d’après

Le signal le plus fort, pour un recruteur, est un projet que vous avez poursuivi ou commencé après la formation. Il prouve que vous codez sans le cadre du bootcamp, que vous savez apprendre seul et que votre motivation ne s’est pas arrêtée à la remise du diplôme.

Quelques pistes de projets d’après qui se démarquent :

  • reprendre le projet final pour y ajouter ce qui manquait : des tests, un déploiement continu, une gestion des erreurs, une documentation ;
  • construire un outil pour votre ancien métier : un tableau de suivi pour des commerciaux, une application de planning pour un restaurant, un outil de calcul pour une activité que vous connaissez ;
  • contribuer à un projet open source, même par une correction de documentation, puis par une petite fonctionnalité ;
  • approfondir une technologie demandée par les offres que vous visez, comme TypeScript ou une base de données relationnelle.

Placez ce projet en haut de votre rubrique projets, avec sa date. Il ne doit pas être spectaculaire, seulement réel et soigné. Notre article sur le premier emploi de développeur explique comment l’utiliser aussi dans vos messages aux équipes techniques.

Valoriser son ancien métier

Votre ancien métier n’est pas une ligne à cacher en bas de page. C’est souvent ce qui vous distingue le plus nettement de votre promotion, à condition de le réécrire pour un lecteur technique.

Un recruteur tech s’intéresse à trois choses dans une carrière précédente :

  • la connaissance d’un secteur : un ancien infirmier comprend les contraintes d’un logiciel de santé, un ancien logisticien celles d’un outil de gestion d’entrepôt ;
  • les compétences transférables : gestion de clients, rédaction, gestion de priorités, travail sous contrainte de délais, encadrement ;
  • les premiers contacts avec la technique : un tableur automatisé, une macro, un outil interne que vous avez contribué à spécifier.

Gardez l’ancien métier dans la rubrique expériences, après vos projets de développement, en deux ou trois puces réécrites dans cet esprit. Par exemple, pour un ancien responsable de rayon : « Pilotage d’un rayon de douze personnes ; suivi des stocks et des ventes sur tableur, puis rédaction des besoins d’un outil de commande avec le service informatique du magasin. »

Visez les employeurs pour qui cet ancien métier est un atout. Un éditeur de logiciels pour la grande distribution lira ce CV très différemment d’une agence web généraliste.

La page GitHub qui accompagne le CV

Après un bootcamp, le lien GitHub est presque obligatoire, et c’est souvent le premier clic du lead technique. Il doit confirmer ce que le CV annonce.

Avant de l’ajouter, vérifiez quelques points :

  • épinglez deux ou trois dépôts, dont le projet final et le projet d’après ;
  • rédigez un README pour chacun : ce que fait le projet, comment le lancer, la stack, votre rôle si le projet était collectif, une capture ou un lien de démonstration ;
  • nettoyez l’historique visible : des messages de commit clairs, pas de fichiers de configuration avec des secrets, pas de dossier de dépendances versionné ;
  • archivez ou rendez privés les exercices de la formation, qui sont identiques à ceux de toute la promotion.

La cohérence entre le CV et le GitHub compte autant que la qualité de chacun. Le modèle de CV de développeur junior montre une rubrique projets courte, qui renvoie vers des dépôts précis. Pour la rubrique compétences, reportez-vous à notre article sur la présentation de la stack technique.

Une fois le contenu trié, le reste est une affaire de forme : une page, une hiérarchie lisible, un texte que les logiciels de recrutement savent extraire. L’éditeur de TechCV s’en charge et vous laisse consacrer votre temps à ce qui vous différencie. Vous pouvez construire votre CV en partant de ce modèle.

Questions fréquentes

Faut-il mentionner le nom du bootcamp sur le CV ?

Oui. Les recruteurs tech connaissent les principaux bootcamps et savent ce qu’ils enseignent ; cacher le nom ferait douter. L’important est de présenter la formation honnêtement, avec sa durée et son titre, et de la placer dans la rubrique formation.

Comment présenter un trou entre la fin de la formation et aujourd’hui ?

Par ce que vous avez fait pendant cette période : un projet personnel, une contribution open source, une mission courte, une certification. Une période de recherche active, pendant laquelle vous avez continué à coder, se présente sans difficulté.

Mon ancien métier n’a aucun rapport avec la tech : faut-il le garder ?

Oui, en le réduisant à deux puces qui montrent des compétences utiles à une équipe : organisation, relation client, rédaction, gestion de projet. Le supprimer créerait un trou dans votre parcours, plus gênant qu’une expérience sans lien direct.

Le titre professionnel obtenu en fin de bootcamp a-t-il de la valeur ?

Il atteste un niveau reconnu par l’État et peut compter pour certains employeurs, notamment publics ou en alternance. Les recruteurs tech regardent toutefois davantage vos projets et votre capacité à expliquer votre code en entretien.

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